L'erreur marocaine

 

 

A peine plus de deux mois après le "ratage" du 2 mars 2007 (voir ici), le 22 mai offrait une nouvelle fois la possibilité d'observer l'occultation rasante de Saturne. J'étais donc plus que jamais motivé pour refaire les valises. En plus c'était la dernière de la série facile d'accès, les prochaines seront pour 2014. Mais voilà ! la motivation n'a encore une fois pas suffi.

 

En jaune, la bande de seulement une quarantaine de kilomètres de large où il fallait être pour espérer observer la Lune cachant partiellement Saturne. Sur le papier ou plutôt sur l'écran, on n'avait que l'embarras du choix de la destination : Ethiopie, Soudan, Tchad, Niger, Algérie, Maroc, Espagne et Portugal. Mais déjà si on enlève les endroits où il ne fait pas bon être touristes, les trois premiers pays sont à supprimer. Ensuite, entre les nigériens qui nous prennent pour des rois du pétrole (3000 Euros/personne pour 8 jours)et les algériens qui exigent que tout le matériel soit répertorié dans les moindres détails sur un certain carnet ATA, on se retrouve avec seulement trois possibilités. Et comme en Espagne et Portugal le phénomène avait lieu très peu de temps après le coucher de Soleil, je choisis sans aucune hésitation le Maroc.

 

Toujours fidèle aux règles que je me suis fixé depuis longtemps, je choisis l'aéroport le plus proche de la zone d'observation et le plus facile d'accès (vols quotidiens depuis Paris). Mais, n'ayant pas envie d'organiser ce séjour d'une semaine, je décide de le confier à une agence soit disant spécialisée, première erreur, donc pas de pub. J'aurais pourtant dû me méfier, il leur était impossible d'aller au Sud, au plus près de la frontière algérienne. Nous avions donc convenu d'une zone dans les montagnes à une centaine de kilomètres au Sud-Est de Fès. Mais voilà, la météo va en décider autrement. Cette région montagneuse du Maroc est aussi l'une des plus arrosées. Les masses d'air océaniques ne se gênent pas pour venir s'y soulager. Mais sur ce coup là, même les statistiques météo ne m'auraient pas été d'une grande aide. A cette époque, c'est du 50% de la côte jusqu'à la frontière algérienne. Résultat, après consultation des derniers bulletins météo, la décision est prise de rester à Fès et même carrément à l'hôtel puisqu'il y avait une terrasse dominant l'ensemble des bâtiments du quartier. Et oui, c'était vraiment tout sauf un hôtel tranquille, comme je l'avais demandé, mais il y avait une super terrasse.

Et voilà le travail, l'Intes M500 installé sur la trop vieille monture en bois mais que je maîtrise tellement bien que je ne suis pas prêt de m'en séparer. Pensez donc, j'ai fait une mise en station assez précise, moins d'un rappel par minute, sur....Saturne en moins de 15 minutes (je vous raconterai un jour). Le problème d'être sur une terrasse d'immeuble, c'est la turbulence. A l'origine j'avais prévu d'utiliser une barlow mais les premières images arrivant de la webcam m'ont très vite persuadé de l'enlever. Bien que le but du jeu était de faire un maximum d'images pour ensuite réaliser une animation, les déformations engendrées par cette turbulence de "sol" auraient été incompatibles avec un résultat regardable. Avec tout ça, j'allais oublier le plus important mais aussi le plus anecdotique : la batterie ! Comme tout cet équipement ne fonctionne qu'avec du 12 volts et que monter une voiture sur cette terrasse était impossible, il me fallait trouver une batterie. Et c'est là que je dois quand même remercier le directeur de cet hôtel bruyant qui a réussi à faire monter une batterie avant que j'ai eu le temps de monter le matériel. Comme quoi des situations pas très agréables peuvent quand même avoir de bons côtés. Je ne sais si vous l'avez remarqué mais le ciel n'était pas terrible. Cependant, au zénith il y avait une zone bien dégagée. Tous les espoirs étaient donc permis.

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Sur les 1200 images enregistrées avant le retour des nuages, soit 1 image par seconde, 500 ont été retenues pour réaliser cette animation. Surtout n'allez pas croire que c'est cette vieille monture "maison" qui est capable d'un guidage aussi bon. Ce n'est pas non plus le fait d'un guidage de fainéant, je veux dire automatique. En fait, je guide manuellement en regardant l'écran du PC et c'est bien après que j'utilise une des formidables fonctions d'AstroSnap : le suivi. En relisant l'ensemble des images, cette fonction les recale automatiquement sur un point ou une zone que vous avez choisi. L'inconvénient par rapport au vrai guidage automatique, ça rogne les images. Ils est donc nécessaire de les recadrer à la même dimension pour passer à la réalisation de l'animation. Mais avec les scripts de Photoshop, ça se fait aussi tout seul. Tout ça pour vous faire comprendre que ce résultat de 50 secondes demande quand même de passer pas mal de temps devant le PC et c'est de moins en moins ma tasse de thé ! Finalement les nuages n'ont pas eu une si mauvaise idée que ça. Pour finir, une petite précision pour ceux qui auront la chance t'entendre la bande son. Comme il s'agit plus de bruits que de sons, elle ne dure qu'une vingtaine de secondes, juste pour vous confirmer que nous étions bien en ville. C'est sûr, j'aurais préféré les chants d'oiseaux d'avant la nuit.

 

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