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Entre le Brésil au lever et la frontière russo-mongole au coucher, cette éclipse semblait nous offrir un grand choix de destinations. Malheureusement, certains paramètres comme le tarif, la facilité d'accès ou la sécurité, rendaient ce choix beaucoup plus restreint. Et quand on ajoute les risques météo, il ne restait plus que deux pays : la Libye et la Turquie. Comme j'ai horreur de la foule, je n'ai pas longtemps hésité pour choisir la Libye. Il y avait bien l'Egypte mais la zone de totalité était vraiment trop petite et il manquait au mieux une dizaine de kilomètres pour accéder à la ligne de centralité. Déjà que c'est toujours trop court, pourquoi se priver d'avance de quelques secondes supplémentaires ! |
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Il fallait maintenant choisir, sur les 1200 kilomètres de la ligne de centralité libyenne, la zone d'observation. Là non plus ce ne fut pas difficile. Pour la même raison que la Turquie, pas question d'être sur la côte. La distance aéroport/ligne de centralité étant décisive et le voyagiste "Point Afrique" proposant un vol Paris/Ghat, c'est la partie Sud qui s'imposait. Mais, ne connaissant pas l'état des pistes, les 700 kilomètres qui nous sépareraient de la zone d'observation étaient quand même inquiétants. Surtout que la durée du séjour n'était que d'une semaine. Finalement les autorités libyennes ont eu la bonne idée de transférer les vols internationaux de Ghat vers Sabhah, plus de 200 kilomètres gagnés. |
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Régime politique oblige, il fallait aussi trouver une agence exclusivement libyenne pour l'accueil et le transport. Mais avec le web, ce fut de la rigolade. Je me retrouvais donc dans le même cas qu'en 2001, pas de gestion du séjour mais une liberté de manoeuvre réduite voir nulle. En effet, la ligne de centralité passant à une cinquantaine de kilomètres du volcan " Waw el Namous", curiosité touristique par excellence, le choix de la zone d'observation n'était pas négociable. Il n'y avait plus qu'à espérer une tempête de ciel bleu. Cela dit, vous pouvez remarquer qu'il aurait été difficile de faire plus court. Et heureusement car les conditions de voyage dans des 4x4 pourris et saturés de vapeurs d'essence étaient à la limite du raisonnable. |
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Avec un ciel sans aucun nuage depuis le début, la crainte météo était passée au second plan. En fait, c'était la panne mécanique qui était devenue le principal souci. Surtout que l'état des 4x4 inspirait tout sauf la confiance. Mais dans ces pays où la pièce d'origine n'est qu'une vue de l'esprit, nos chauffeurs n'étaient pas à court d'idées pour réparer l'irréparable. Cela dit la seule vrai panne (cet amortisseur), qui nous immobilisera une bonne heure, a eu lieu après l'éclipse. C'était donc sans aucune importance. Comme quoi, même hors d'usages chez nous, les véhicules japonais restent fiables. J'en profite pour les remercier ces chauffeurs, à l'image Sassi, pour leur gentillesse et leur joie de vivre. C'est en partie grâce à eux que ces difficiles conditions de voyage ont été supportables. |
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Un autre membre de l'équipe a aussi largement contribué à la bonne ambiance de ce séjour/raid, surtout pour nous français : Moktar le cuisto. C'est dans ces conditions qu'il nous préparait de sympathiques repas copieux et équilibrés. Des mauvaises langues ont quand même dit que ce n'était pas bien difficile de faire la cuisine en ouvrant des boites, certes. Mais ouvrir des boites de cette façon ce n'est déjà pas donné à tout le monde. Et puis comme nous n'avions pas de quoi faire du froid, les conserves étaient toutes indiquées. D'ailleurs personne n'a été malade. |
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Cette image est celle de l'écran de mon gps là où nous décidons d'arrêter. Il nous restait 500 mètres à faire pour atteindre la ligne calculée par le brave Fred et 1500 mètres pour celle du bureau des longitudes ! Mais voilà, après le coup du volcan et ces 50 derniers et interminables kilomètres, avec plusieurs minutes à rouler dans du sable tellement fin qu'on aurait dit de la farine, on en avait assez. Et puis, d'autre campements étaient déjà installés. Pour l'anecdote, j'ai nommé ce site "Mosa" car, souhaitant rencontrer un ami installé à quelques kilomètres, notre touareg de Mosa allait revenir de nuit et il avait besoin du gps pour retrouver le campement. Et oui, les touaregs ne sont plus ce qu'ils étaient. |
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Là, nous sommes à environ 10 minutes de la totalité et, à défaut d'arbres, c'est la passoire de Moktar qui a servi pour visualiser par projection le croissant solaire. Au moment où je réalise ce cliché insolite, j'ai déjà remarqué que la souris du PC fonctionne avec difficulté. Problème provoqué par la présence de poussière apportée en permanence par le vent. Je commence à regretter de ne pas avoir acheté une mini souris optique comme je l'avais pourtant prévu. Mais voilà j'avais eu la très mauvaise idée de m'adresser à un pseudo magasin d'informatique comme il en existe beaucoup. Sans stock, il fallait commander et la veille du départ, ce n'était toujours pas arrivé. Le pire c'est qu'au lieu d'aller voir ailleurs, je décide de partir avec cette vieille souris à boule. Mais je garde pour la fin la chute pitoyable de cette lamentable erreur de préparation. |
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Et pourtant, avec cet extrait de la fiche de contrôle rédigée bien avant de partir, vous pouvez constater que j'avais quand même préparer un peu cette observation. Le plus curieux, et là c'est sans doute à mettre sur le compte de la fatigue, je n'ai même pas eu l'idée de mettre un tissu entre la table et la souris pour tenter d'absorber cette poussière. Toujours est-il qu'au moment des réglages de la webcam et d'astrosnap, elle ne veut plus rien savoir. Et c'est en essayant de m'en sortir avec le clavier que je plante le PC. Le temps de tout redémarrer, la totalité est déjà commencée mais avant de me précipiter sur le camescope qui normalement a du enregistrer l'arrivée de l'ombre, j'arrive malgré tout à lancer l'acquisition d'images. La suite va malheureusement confirmer cette loi de l'emmerdement maximum. |
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Et non, je ne peux pas m'empêcher de vous montrer le résultat obtenu à la webcam. Enfin une des seulement 24 images enregistrées. En réalité ça aurait du être une vidéo d'environ 1400 images. Mais au lieu de programmer 8 minutes, dans la précipitation j'ai réglé sur 8 secondes ! En plus j'ai dû aussi me planter sur le réglage de l'exposition, la couronne devrait être plus étendue. Cependant, avec la présence de saturation au niveau de la très basse couronne, ce matériel n'aurait pas permis de reproduire fidèlement l'observation faite aux jumelles. Ce qui était un peu le but de cette tentative. |
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Sur place, à cause de la fatigue nerveuse accumulée, il m'a fallu pas moins de 24 heures pour digérer cet ensablage de souris. Mais quand j'ai appris au retour que l'hypermarché du coin avait en permanence des mini souris optiques, là je me suis vraiment traité de "nul à chier" et c'en était fini de donner des conseils !
Et, n'ayant pas eu l'envie de le faire sur place, quand je découvre ce défaut rendant une partie de la vidéo inutilisable, la décision était prise de ne plus jamais utiliser ce matériel dans de telle situation. Mais, là encore le matériel n'y est pour rien. Quelle idée de changer de cassette dans cette ambiance saturée de poussière alors qu'il restait largement assez de temps sur la cassette en place depuis la veille. Quand je pense que c'était pour augmenter les chances de réussite en utilisant une cassette de qualité optimale. C'est pourtant connu que le mieux est souvent l'ennemi du bien !
Depuis tout ça a fini par se décanter et cette déconvenue est devenue une expérience très enrichissante dont les enseignements sont les suivants :
Au fait, comme ces pages ne sont pas là pour vous détailler les conditions de ces voyages, j'ai volontairement omis de vous présenter les copains, Maurice, Pierre, Jean et Marie-Lise, qui m'ont supporté. Mais si vous voulez voir de vrais images d'astronomes amateurs, je vous invite à vous rendre sur les sites de Maurice et Pierre, eux ont vraiment été à la hauteur. Avec une mention pour Pierre, c'était sa première éclipse totale.