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A moins de préférer le tangage et le roulis de sa partie marine, peu compatibles avec des prises de vues de la couronne, cette éclipse nous proposait 5 destinations au choix ; d'Ouest en Est, l'Angola, la Zambie, le Zimbabwe, le Mozambique et Madagascar. Les statistiques météo favorisant l'Angola, la partie Ouest de la Zambie et la côte Ouest de Madagascar mais voilà, d'autres paramètres plus concrets allaient en décider autrement. Petite explication pour les non initiés. C'est seulement dans l'étroite bande centrale, en gris foncé, que le Soleil est totalement éclipsé. Et, c'est au centre de cette bande, appelé "ligne de centralité" que la durée de la totalité est optimale. Il est donc indispensable d'être au plus près de cette ligne pour profiter pleinement du spectacle. De part et d'autre de cette bande, l'éclipse est partielle, la Lune ne cache pas tout le Soleil. Et même à plus de 90%, partie la plus claire du dégradé, vous n'aurez pas droit aux sensations que procure ce phénomène et la couronne reste invisible. Si j'apporte cette précision c'est pour vous éviter de partir avec des voyagistes peu scrupuleux qui n'hésitent pas à choisir un lieu d'observation carrément en dehors de la bande de totalité. Je l'ai encore vu sur le web pour l'éclipse de mars 2006. |
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Alors que ce pays ne bénéficiait pas des meilleures statistiques météo et qu'il était à la limite de la guerre civile, voilà que nous décidons d'aller observer cette nouvelle éclipse dans l'extrême nord du Zimbabwe. Mais d'abord pourquoi avoir choisi le continent africain ? C'est la perspective de pouvoir, deux années de suite, "faire d'une pierre deux coups". Je m'explique, fin 2000, et cette éclipse n'y est pour rien, je finis par trouver un endroit dans ce secteur, en Namibie, où installer de façon durable l'astrographe. Ensuite, en consultant mon programme d'éphémérides favori (Guide), je remarque que l'ombre de la Lune traverserait encore cette partie de l'Afrique australe l'année suivante. Deux éclipses totales de Soleil et la flat sous le ciel de Namibie, je n'ai pas pu résister. En fait ce sont ces éclipses qui m'ont décidé à entreprendre ce voyage un peu fou avec plus de 120 kg de matériel. Tout ça c'est bien joli mais pourquoi le Zimbabwe ? Là, c'est beaucoup plus discutable. Comme c'est notre premier voyage dans cette partie d'Afrique, je préfère jouer la sécurité en m'adressant à un baroudeur français, installé à Windhoek capitale de la Namibie, proposant un circuit spécial éclipse au Zimbabwe. Arrivant à Windhoek et ce séjour commençant par l'éclipse, j'avais vu l'avantage de pouvoir déposer tout le matos chez lui. Bien vu en théorie mais grossière erreur en pratique, explications avec l'animation qui suit. Ah ! un dernier détail, le point rouge en haut, c'est là que ce trouve notre campement permanent. |
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Pour qu'il n'y ait pas que les yeux à bosser, vous devriez ou vous allez entendre (ça dépend de la connexion) l'ambiance sonore enregistrée juste avant, pendant et juste après la totalité soit 3mn 49s. Ca va peut-être vous paraître long et pourtant en réalité c'est toujours trop court. Bien que ce soit impossible de se représenter un tel phénomène quand on ne l'a jamais vécu, j'espére qu'avec ce moyen supplémentaire vous ressentirez un peu de l'indéfinissable émotion que l'on éprouve quand on se trouve plongé dans l'ombre de la Lune. Et surtout que cela vous donnera envie de faire partie des prochains privilégiés. Comme m'a écrit Pierre Charpentier, auteur de cette excellante idée, merci Pierre, "on est vraiment sur place".
Si, et c'est toujours possible, vous n'entendez rien même au bout de 5mn, le lien ci-dessous vous permet d'accéder directement au fichier "mp3". Encore une fois je m'excuse auprès de ceux qui n'ont pas l'adsl mais je n'ai pas pu me résigner à faire plus court. Au contraire, j'ai recopié trois fois le mot qui est toujours prononcé et qui résume peut-être le mieux cet extraordinaire spectacle : "incroyable".
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Et oui, nous avons eu droit à une tempête de ciel bleu avec au premier plan le fleuve Zambèze et, sur l'autre rive, la Zambie. Non, non, le truc noir qui dépasse n'est pas la tête d'un hippopotame mais un inoffensif tronc d'arbre. Mais les "hippos" n'étaient pas bien loin, un solitaire à moins de 100 mètres et sans les barreaux, qu'allait-il faire pendant la totalité ? bonjour l'angoisse ! Et bien rien, à par quelques grognements, il est resté sagement dans l'eau, Ouf ! Par contre, comme à leur habitude, les très nombreuses espèces d'oiseaux présentes dans ces régions ont nettement réagi. Et que dire des êtres humains qui sont au moins aussi expressifs. Enfin bon, tout est sur l'enregistrement. Le petit point blanc en dessous et à gauche du Soleil éclipsé, c'est Jupiter. Malheureusement le film n'a pas voulu enregistrer Saturne qui était pourtant bien visible. Il faut dire que cette photo, prise au milieu de la totalité, n'a bénéficié d'aucun matériel particulier, même pas de trépied. Un objectif de 50 mm ouvert à 2, du Superia 800 et 1/15 de seconde, comme quoi la couronne solaire est quand même très lumineuse. Remarquez également cette lueur crépusculaire rougissant l'horizon et cela sur 360 degrés. C'est en partie elle qui produit l'ambiance lumineuse irréelle que cette image essaie vainement de restituer. Il parait que deux étoiles de la constellation d'Orion : Rigel et Betelgeuse, et bien sûr l'étoile la plus brillante du ciel : Sirius, étaient également visibles. Moi, j'étais trop occupé à prendre les photos qui m'ont permis de réaliser les images suivantes pour avoir le loisir d'admirer tout ça... |
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Comme vous pouvez l'entendre dans l'ambiance sonore, le plus souvent ce sont ces flammes roses, les protubérances, que l'on remarque en premier ainsi que ce mince liseré, la chromosphère (en haut) qui, avant de disparaître, est de plus en plus morcelée par le relief lunaire. A cause du risque de brûlure rétinienne, cette observation n'est à tenter qu'au début de la totalité. Si, avec des jumelles, on peut apercevoir ces détails, avec un instrument astronomique c'est nettement mieux. De même pour la prise de clichés, j'ai dû agrandir exagérément ce cliché pris avec le téléobjectif de 400 pour obtenir ce résultat médiocre comparé à ce que l'on peut faire avec une lunette de un mètre de focale. En fait c'est le premier cliché pris pendant la totalité. Le Supéria 400 a été exposé 1/250s, le téléobjectif étant diaphragmé à 16. Mais j'avoue que cette observation est loin de faire partie de mes priorités car il est facile de la faire en dehors des éclipses avec un instrument spécial appelé "coronographe". |
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En conclusion, c'est avant tout grâce à la chance que nous avons pu une nouvelle fois admirer une éclipse. Et c'est pour cette raison que je ne suis pas prêt à renouveler ce genre d'expérience et que je ne vous conseille pas de tenter, le paramètre chance étant beaucoup trop aléatoire. Cela dit, pour ce type de voyage, comme il est impossible de tout prévoir, il faut espérer que la chance soit au rendez-vous.