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Voici comment nous nous sommes retrouvés dans le désert tunisien pour contempler l'éclipse totale de Lune du 9 janvier 2001.
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Vous êtes en droit de penser que, sur ce coup là, je suis un adepte du "pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer". Effectivement, contrairement aux éclipses totales de Soleil, la zone de visibilité des éclipses de Lune couvre pratiquement la moitié du globe terrestre. Alors cette éclipse était tout aussi bien visible depuis la France. J'aurai sûrement trouvé un coin de ciel dégagé sans avoir besoin de subir le légendaire zèle de la police tunisienne. Mais voilà, le projet d'une structure écotouristique avec, entre autre, des installations pour profiter de la très bonne qualité du ciel des oasis de montagne telle que Tamerza, m'avait convaincu de faire ce déplacement. Concernant ce formidable projet, c'était sans compter sur le zèle cette fois de l'administration tunisienne qui a eu raison des meilleures volontés. C'est vrai qu'en hiver le risque d'avoir un ciel couvert en Normandie est certainement plus important que dans le désert tunisien. Mais, là encore ce ne sont pas les statistiques météo qui sont à l'origine de cette décision originale. |
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Survoler ce genre de paysage moins de deux heures après avoir décollé de Paris, c'est quand même pas mal. Mais ces quelques nuages étaient là pour nous rappeler qu'une dépression méditerranéenne peut quand même tout faire rater. C'est pour cette raison que l'observation de phénomènes astronomiques doit rester un prétexte et pas un but. |
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Malheureusement à cette époque je n'avais pas encore l'idée de faire des clichés d'installations. Je ne pensais pas qu'un jour tout ça serait publié sur le web. Ce n'est pas bien grave car la monture utilisée m'a servi de modèle pour réaliser celle qui est visible sur la page "Une moitié d'occultation". Mais, comme souvent, le modèle avait besoin de perfectionnements. Vibrations excessives et entraînement capricieux en étaient les principaux défauts. C'est pour ces raisons que l'animation qui suit manque singulièrement de netteté.
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Ces vibrations presque permanentes et les défauts de suivi ont donc fortement dégradé la définition des images qui aurait dû être bonne, l'optique étant un téléobjectif apochromatique de 400 mm ouvert à 5.6. Comme la netteté n'y était vraiment pas, j'ai voulu compenser en reproduisant le mieux possible l'observation faite aux jumelles. C'est à dire avoir à la fois des détails dans les parties éclipsée et non éclipsée. Ce qui est normalement impossible en photo, la partie encore éclairée par le Soleil étant beaucoup trop surexposée. Mais maintenant avec les outils numériques, tout devient possible, pour le meilleur mais aussi le pire. C'est donc avec Photoshop, après avoir noirci les zones surexposées, je me suis "amusé" à copier, à partir de la première image, et à coller les morceaux de Lune correspondants. Plus facile à dire qu'à faire surtout quand on n'est pas un maquilleur professionnel. Et toujours pour être le plus fidèle possible à la réalité, je me suis aussi "amusé" à reproduire le mouvement lunaire à travers l'ombre terrestre. Avez vous remarqué qu'avant la totalité deux images présentent le liseré bleuté ? Par contre je suis sûr que vous avez vu qu'il manque au moins une image à la fin, celle où la Lune retrouve son aspect normal. Au point où j'en étais avec le fameux copier/coller, j'aurai pu reprendre la première image mais ce n'est pas dans ma nature de tricher à ce point. Surtout que ce genre de gag mérite d'être raconté. En fait, ce sont deux erreurs qui sont à l'origine de cette fin prématurée. D'abord, suite à des lectures peu recommandables, j'avais trouvé bon de faire deux expositions différentes à chaque prise pour augmenter les chances d'avoir une bonne image. Totalement inutile avec du 400 iso qui encaisse sans problème deux diaphragmes. Résultat, deux fois moins d'images utilisables. Ensuite c'est en faisant le calcul pour connaître l'intervalle entre chaque prise que je me suis lamentablement planté dans le mauvais sens. Et ce qui devait arriver est arrivé, 15 minutes avant la sortie de l'ombre, plus de film. Pour les nostalgiques de l'argentique, sachez que ce film trop court était du "Kodak Progold 400" avec des expositions s'échelonnant du 1/1000 à 4 secondes. |
Face à la médiocre qualité des images et de la prestation, je n'avais pas d'autre choix que de tenter à nouveau l'expérience avec une monture digne de ce nom. J'avais largement le temps d'en fabriquer une puisque la prochaine éclipse totale de Lune entièrement visible depuis l'Europe aurait lieu les 8 et 9 novembre 2003. Et si la météo n'était pas de la partie , ce qui est fort possible à cette saison, il y avait encore deux autres possibilités, le 4 mai et le 28 octobre 2004. Et bien, même en Corse pour celle du 4 mai, il n'y a rien eu à faire. Bon, c'est vrai que je n'ai pas fait d'efforts pour les deux autres. Mais la prochaine fois, le 3 mars 2007, comme ce sera encore une période de météo plus qu'incertaine dans nos zones tempérées, je ne vais pas hésiter à au moins rejoindre le tropique du Cancer s'il le faut. Surtout que, d'ici là, j'aurais peut-être un boîtier numérique... Au moins je ne tomberai pas en panne de pellicule.